15.07.2019

Briefe



Rückwärts
	
ID: 4095 Brieftext


Geschrieben am: Freitag 01.03.1839
 

Si je ne me trompe beaucoup, mon cher Monsieur Schumann, nous ne devrons jamais nous plaindre l’un de l’autre – par même du retard des nos lettres. Qu’il y ait en cela de notre faute au lieu que ce soit tout simplement celle des circonstances, peu importe. Il est bien entendu que sans nous connaître, sans nous etre jamais rencontré, nous nous estimons et nous nous aimons (permettez moi de me servir de ce mot.) Ce que je sais de vous et de votre talent m’inspire une profonde et vive sympathie.
Ainsi que mes amis (et en particulier Haslinger) ont pu vous le dire Chopin et Schumann sont ceux de mes collègues pour lesquels j’ai toujours professé la plus serieuse estime, la plus complète sympathie. Vous comprendrez donc aisément, mon cher Monsieur, combien je suis flatté et reconnaissant de vos amicales dispositions à mon egard, et quel plaisir ce me de recevoir le morceau que vous me destinez! Pour peu qu’il soit susceptible d’être executé en Public, ne doutez nullement que je ferai tout ce qui dependra de moi pour lui donner sa veritable valeur. C’est un des plus grands plaisirs que je me promets de mes voyages de Vienne et de Paris, que celui de faire connaitre un plus grand nombre, la remarquable superioritè de vos compositions. Il y a déjà quelque temps que je me propose de jouer en public votre Carnaval – mais en Italie cela ne se peut malheureusement guère. Herz, Kalkbrenner, et leurs emules Thalberg et Döhler n’y sont acceptés que graces aux motifs de Bellini et Donizetti …. Les deux genies par excellence au dire de l’Italie présente.
Mais à Vienne , j’ai un peu plus de latitude, Dieu merci, et cette fois ci je ne manquerai certainement pas l’occasion de vulgariser un tant soit peu quelqu’une de vos belles oeuvres.
Je compte y passer une vingtaine de jours à l’entrée de l’hiver prochain. De là j’irai à Paris ou je resterai jusqu’au commencement de Mai.
Pourquoi ne ferions nous pas ce voyage ensemble? Il me semble qu’il vous serait au moins agréable de connaitre Paris, et Londres. Je serais charmé pour ma part de contribuer de mes mieux à vous rendre le sejour de Paris plus agréable. Je ne doute nullement que cette ville ne vous plaise et vous interesse à beaucoup d’egards. Nous reparlerons donc de ce voyage, n’est-ce pas?
Quant à votre revue musicale, j’ai honte de vous dire, que je crains bien que vous ne trouviez une foule d’obstacles pour sa publication à Vienne. Haslinger pourrait vous en aplanir un certain nombre. Son inter
mediaire me parait presqu’ absolument necessaire pour une entreprise de ce genre. Comment êtes vous actuellement avec lui? C’est un très excellent et très estimable homme. À l’epoque où je l’ai vu il me paraissait on ne peut mieux disposé dans le sens de votre Revue.
Pour moi, je ne pourrais vous etre que d’une infiniment petite utilité (vu mon ignorance de la langue allemande et ma vie nomade –) à moins que vous ne vous determinez à venir à Paris où vous trouveriez une publicité plus vaste et probablement plus fructueuse.
Il me reste une enorme multitude de choses à vous dire. Vous en devinerez une partie – et le reste je viendrai vous le dire à Vienne dans 9 ou 10 Mois. Si vous venez jusqu’à Salzbourg nous pourrions peut être nous donner rendez-vous avant, Venise ou quelque part par là en Italie.
Mais je n’espère guère que vos occupations vous permettent un aussi long detour.
Envoyez moi toujours très regulièrement par Haslinger vos Compositions. Encore une fois ce sont les seules qui aient un veritable interet pour moi.
Adieu mon cher Monsieur Schumann –
Disposez entièrement de moi et croyez moi bien
Tout à vous amicalement
F. Liszt

  Absender: Liszt, Franz (964)
  Absendeort: Rom
  Empfänger: Schumann, Robert (1455)
  Empfangsort:
  SBE: II.5, S. 117ff.
 



Wir verwenden Cookies, um Ihnen den bestmöglichen Service zu gewährleisten (Mehr Informationen).
Wenn Sie auf unserer Seite weitersurfen, stimmen Sie bitte der Cookie-Nutzung zu. Ich stimme zu.